Du Monténégro au Kosovo (08.09.2024)
- Départ : Dom Grope (MNE)
- Arrivée : Leqinat (RKS)
- Kilométrage : 24,3 km
- Dénivelé: D+ 1157 m / D- 1651 m






Le panneau annonce deux heures de marche pour les trois petits kilomètres qui mènent jusqu’au sommet du Hajla sur la frontière kosovare, le dénivelé s’annonce corsé. Dans ce cas, je concentre souvent mon attention sur les petits détails, comme ce petit mulot raide mort allongé sur le sentier, ou ce magnifique arbre aux fruits orange. Un premier palier m’offre un panorama sur les montagnes monténégrines au délicat dégradé azur, contrastant avec le doré des herbes blondes et la robe automnale de la lande. Le sentier s’agrippe aux flancs rocheux de la chaîne du Hajla, frontière naturelle et imposante entre le Monténégro et le Kosovo. Le sentier se perd, j’avance au pifomètre jusqu’au sommet de la crête. Là, la trace longe le ravin jusqu’au panneau à 2403 mètres. Par sécurité, je descends vers le refuge du Hajla par un itinéraire plus long mais moins périlleux.



Au refuge, je fais une halte pour boire un Coca. Ouvert toute l’année, le lieu accueille de nombreux étudiants et scientifiques en mission. Je quitte ce petit coin de paradis encore une fois par un chemin plus long que le gérant m’a recommandé. Je rejoins le Peaks of the Balkans sur une piste qui ne représente absolument aucune difficulté, sauf celle de présenter un fort dénivelé négatif.







Dans le creux de la vallée, je m’accorde une pause pique-nique sur un gros rocher au milieu d’un lit de rivière asséché. Quelques randonneurs passent : un quatuor israélien chantant à pleins poumons, puis une Américaine solitaire. J’accompagne cette dernière un petit moment pour échanger avec elle. Nos chemins se séparent lorsqu’elle s’arrête pour une petite commission. La piste se transforme en un sentier que je perds assez rapidement dans la forêt escarpée : je descends alors la pente raide à travers la broussaille et la végétation sur quelques centaines de mètres avant de le retrouver avec soulagement. Mes cuisses brûlent. La torture prend fin quand le tour des Peaks of the Balkans débouche enfin sur la route.
Il s’agit maintenant de trouver un endroit pour dormir. Dans le fond de la vallée, cela s’avère compliqué : la rivière et la route se disputent l’étroit espace dans cette vallée confinée. Je dois remonter jusqu’au prochain village. La chaleur me ralentit, l’eau vient à manquer. J’enchaîne de courtes pauses pour récupérer. À l’entrée de Leqinat, le premier restaurant que je croise m’offre un répit. Je m’attable à l’intérieur, à l’abri du tumulte, et commande une assiette de frites accompagnée d’un Coca rafraîchissant. Cette première journée m’a bien éprouvée. Je cherche maintenant un endroit pour bivouaquer. Le barman me propose d’installer ma tente derrière le restaurant, avec une vue imprenable sur la vallée et les montagnes. L’endroit semble idéal… jusqu’à la tombée de la nuit. Je n’ai pas anticipé les désagréments de la lumière vive et de la musique bruyante jusque tard dans la soirée. La nuit n’est pas reposante.




























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