Green Trail en Serbie (18.09.2024)

- Départ : Izvor Vode
- Arrivée : Bajina Bašta
- Kilométrage : 24 km
- Dénivelé: D+ 336 m / D- 964 m

À l’abri sous le toit du refuge touristique, je déjeune à la table en bois sur laquelle j’ai étalé pêle-mêle mes affaires. Ma toile de tente, suspendue à une poutre, pendouille sans grand espoir de séchage : l’air est humide, le vent encore endormi. La journée s’annonce grise, rythmée par une météo maussade et une marche principalement sur des routes asphaltées.



Je traverse quelques hameaux, dont l’un abrite une chapelle au charme singulier : son clocher, dressé à l’extérieur, marque l’entrée du sanctuaire. La curiosité me pousse à franchir le seuil de ce petit édifice entièrement fait de bois. À l’intérieur, je troque une fois encore des pièces serbes contre des euros, enrichissant un peu plus ma collection de monnaies du monde.


Mitrovac m’accueille à la pause de midi : boudant les restaurants sur mon trajet, je me contente d’un frugal sandwich, aussitôt repéré par un chien errant au regard quémandeur.
Mon objectif du jour : atteindre le promontoire de Banjska Rock, perché à 1065 mètres d’altitude, d’où l’on embrasse du regard le lac artificiel de la Drina. Le dernier tronçon de sentier, menant au point de vue, est très fréquenté : une foule de touristes s’y presse, appareils photo à la main, pour immortaliser le paysage. Je prends le temps de contempler à mon rythme, puis m’éloigne seule à travers la forêt. Tandis que les visiteurs regagnent leur voiture, je poursuis à pied, seule sur le sentier. Mes sens restent en éveil : ici, les ours ne sont pas une légende – on en recense une quarantaine dans cette seule zone du parc. Loin de l’agitation humaine, la probabilité d’une rencontre imprévue augmente.




J’établis mon bivouac au niveau d’un abri touristique le long d’une route. Seules deux voitures passeront dans la soirée. Ne voulant être importunée ou délogée, je me fais discrète. La source juste à côté me permet quelques sommaires ablutions, il fait toujours frais. Pour la nuit, je ne trouve pas d’endroit adéquat pour planter la tente, je décide de dormir sur les deux bancs accolés face à face. La table, inclinée sur sa tranche, fait office de paravent quand une voiture passe. Protégée par le toit, j’espère ainsi passer la nuit au sec s’il se met à pleuvoir. La couverture de survie m’isole du froid qui s’infiltre sous les bancs.








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