White Trail au Monténégro (12.06.2024)

- Départ : Zminje Jezero
- Arrivée : Zabljak
- Kilométrage : 7,1 km
- Dénivelé: D+ 93 m / D- 167 m
Durmitor, « le dormeur » baptisé jadis ainsi par les bergers estivant sur ce massif montagneux qu’ils considéraient comme « paisible », est protégé depuis 1952 au sein du parc national et figure depuis 1980 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Séduite par ces paysages grandioses, je décide d’y séjourner deux nuits afin d’en explorer les richesses. Je savoure la quiétude du lac Zminje Jezero tout en prenant mon petit-déjeuner composé des restes de saucisson ou de vieux pain. Un ravitaillement plus substantiel s’impose, et c’est à Žabljak que je prévois de me réapprovisionner. J’espère y trouver une supérette plus à l’occidentale.



Avant de rejoindre le camping à la lisière du parc, je voudrais me promener un peu sur les sentiers faciles autour du lac noir (Črno Jezero). Le ruisseau Mlinski Potok qui coule du Zminje Jezero dans le Črno Jezero m’indique le chemin. Son nom, issu du monténégrin « mlin » signifiant « moulin », évoque la présence d’anciens moulins à eau dont il ne reste aujourd’hui que des vestiges. Dès le matin, j’avais observé de nombreux joggeurs ; à mesure que j’approche du lac, l’afflux des promeneurs s’intensifie. Avec ses quelques 140 000 visiteurs annuels, la solitude dans le parc du Durmitor n’est possible que sur les chemins empruntés par les alpinistes chevronnés.
Avant de rejoindre mon camping, niché à la lisière du parc, je me laisse guider par les sentiers serpentant autour du lac Noir (Črno Jezero). Le ruisseau Mlinski Potok, coulant du Zminje Jezero jusqu’au Črno Jezero, m’indique le chemin. Son nom, issu du monténégrin « mlin » signifiant « moulin », évoque la présence d’anciens moulins à eau dont il ne reste aujourd’hui que des vestiges. Dès le matin, j’avais déjà aperçu de nombreux joggeurs ; à mesure que j’approche du lac, le flot des promeneurs ne cesse de croître. Avec ses quelque 140 000 visiteurs annuels, le parc du Durmitor n’offre guère l’illusion de la solitude.


Le Črno Jezero est composé de deux lacs (le grand « Veliko Jezero » et le petit « Malo Jezero ») reliés par un détroit souvent à sec en été. Il s’agit du plus grand des lacs glaciaires du massif, appelés communément « yeux de la montagne ». Les cascades alimentant le lac sont déjà taries, le détroit pas encore. Selon la lumière et l’angle de vue, la couleur de son eau oscille entre un bleu profond et un vert émeraude, jamais noire. Quelle est donc l’origine de ce nom ? Vraisemblablement des grands sapins qui s’y reflètent.


Face au lac et à la silhouette imposante du mont Meðed, un restaurant me procure le réconfort d’un véritable repas. Attablée en terrasse, je profite des rayons du soleil qui percent la masse de nuages de plus en plus menaçants. Les prévisions météorologiques ne s’annoncent guère clémentes pour les jours à venir.
Je me dirige vers un petit camping un peu à l’écart. À mon arrivée, l’espace dédié aux tentes est encore désert : je peux choisir librement mon emplacement. Je m’installe près d’une table de pique-nique. Comme à mon habitude, après avoir monté ma tente, je file me décrasser. Je n’ai pas de gel douche. Heureusement quelqu’un a oublié sa savonnette dans une cabine de douche. Je me l’approprie et l’utilise sans scrupule, me frottant de la tête aux pieds avant de laisser la mousse agir, le temps de laver mes vêtements. À chaque rinçage, l’eau trouble se fait plus claire, passant du brun foncé au jaune pâle. Le résultat n’est pas parfait, mais il suffira. Sous le jet brûlant, je prolonge le plaisir, savourant la chaleur qui me délasse. La vapeur m’enveloppe en sortant de la cabine. Revigorée, je regagne ma tente, étendant mon linge sur une corde entre deux arbres. La tente dressée, les ablutions accomplies, le linge propre : il est temps de rejoindre Žabljak pour me ravitailler.
Un Français installé non loin dans son camping-car s’approche de moi, intrigué par la randonneuse solitaire que je suis. Il me propose un café, que je décline poliment, pressée d’atteindre le supermarché. Après une courte conversation, je reprends mon chemin. Deux kilomètres me séparent du Voli. Le risque du ravitaillement est toujours d’acheter plus que de raison. J’ai toujours du mal à évaluer mes besoins et les craquages sont fréquents. Lorsque je ressors, mes sacs débordent de provisions. À peine sortie, j’engloutis des petites viennoiseries et allège ainsi un peu ma charge.
Au retour, au dernier embranchement avant le camping, je remarque qu’une femme contrôle une voiture. Je réalise alors que la cahute en bord de route abrite les gardiens du parc, chargés de percevoir les droits d’entrée. En me déplaçant à pied, j’ai emprunté des sentiers détournés, évitant ainsi les postes de contrôle.

Quand je rejoins ma tente, d’autres sont plantées derrière, trop près à mon goût. Des randonneurs tchèques se sont déjà étalés sur « ma » table. Ils me font une petite place et me proposent un remontant. Je suis étonnée par la quantité de vivres et de boissons qu’ils transportent. Ils m’expliquent qu’ils ont terminé leur tour des sommets du Durmitor et que leur voiture regorge de victuailles. Ils sont venus de Prague en mini-van. Une fois l’an, ils partent randonner dans un coin différent. Ils connaissent bien les Alpes françaises ou autrichiennes. Intrigués par une femme randonnant seule sur une si longue distance, ils me posent des questions sur mon parcours et mes expériences. Contrairement aux États-Unis où personne n’en était étonné, en Europe la réaction des hommes surtout est toujours la même : ils trouvent ça courageux. En quoi est-ce plus courageux que ce soit une femme seule plutôt qu’un homme seul ? Je n’arrive pas à le comprendre. Je n’y vois pas d’exploit.






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