White Trail en Bosnie-Herzégovine (23.05.2024)

- Départ : bivouac avant Kamensko
- Arrivée : Gaj
- Kilométrage : 31,7 km
- Dénivelé: D+ 445 m / D- 395 m
La Via Dinarica me fait traverser la frontière sur un chemin de traverse sans contrôle officiel, je préfère jouer la carte de la sécurité et passer par la douane de Kamensko. Cela m’oblige à marcher sur un tronçon de nationale. Dès que l’occasion se présente, je m’échappe sur des chemins de traverse moins bruyants et moins dangereux. Le Buško Jezero, l’un des plus vastes lacs artificiels d’Europe, m’offre un peu de répit avec sa plage de sable et ses sentiers à travers champs. Une nouvelle fois, un chien aboie furieusement à mon approche et vient à ma rencontre. Encore une fois, je maudis les propriétaires qui laissent leurs animaux en liberté. Une femme sort sur le pas de la porte et le rappelle. Je déguerpis en vérifiant que le chien ne me suive pas.




Sur une quinzaine de kilomètres, je longe le lac dont la surface de l’eau, telle un gigantesque miroir, reflète les montagnes alentours et les nuages blancs moutonneux qui s’invitent dans le ciel azur. Le spectacle invite à la contemplation. J’ai quand-même envie d’avancer et profiter de l’absence de relief important pour enchaîner les kilomètres. « Buško » signifie « marais » en serbo-croate : en longeant le rivage, je passe par une zone humide où les grenouilles s’époumonnent tout en restant invisibles. À force d’avoir les yeux rivés au sol, je ne réalise pas tout de suite que le ciel s’est assombri, présageant l’approche de la pluie. Des rideaux d’averse s’abattent au loin sur le lac. Il me faut accélérer et m’éloigner du lac avant d’être prise sous un orage.




Dans la petite localité de Prisoje, je suis à nouveau victime d’aboiements intempestifs, les propriétaires ne sont pas là, c’est une voisine qui me « sauve ». J’ai des envies de meurtre.
Je suis maintenant à la recherche d’un coin pour la nuit. Pour l’instant, je passe d’un village à l’autre sans que l’urbanisation ne soit interrompue le long de ma route. À Gaj, je me ravitaille en eau à la fontaine du village. Juste après, les arbres se font plus nombreux, je cherche un emplacement près du ruisseau indiqué sur ma carte, il est à sec, vraisemblablement canalisé pour alimenter la fontaine de Gaj et les maisons autour. Je me cache derrière un bosquet, le terrain caillouteux n’offre pas le confort idéal mais fera l’affaire. J’entends des véhicules passer et croise les doigts pour que ma tente échappe aux regards. Puis c’est un groupe de motos tout terrain que j’entends s’approcher. Ils n’ont pas le temps de me percevoir, ils ont déjà filé.





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