White Trail au Monténégro (13.06.2024)

- Départ : Camping
- Arrivée : Camping
- Kilométrage : 16 km
- Dénivelé: D+ 322 m / D- 339 m

J’avais espéré que le ciel soit plus dégagé à mon réveil. La déception est grande. Faute de pouvoir m’élancer vers le plus haut sommet du Durmitor, je programme la découverte du canyon de la Tara, avec ses 1333 mètres de profondeurs, un des plus profonds du monde après le grand canyon aux États-Unis. Le couple de Français a réservé une sortie rafting, la météo et le prix me rebutent de les y accompagner. J’irai tranquillement à pied après le petit-déjeuner. Je me prépare un casse-croûte et pars pour la première fois sans mes bâtons et le poids de mon sac à dos qui alourdit mes pas. La marche est inhabituelle, une sensation de déséquilibre accompagne les premières centaines de mètres avant que mon corps ne s’adapte à sa légèreté retrouvée.
La forêt que je traverse est silencieuse, presque déserte. Seule la présence insistante de plusieurs dizaines de mouches et de moustiques vient troubler cette quiétude. Pourtant propre et fraîchement douchée, je semble les attirer inexorablement. Je suis comme enveloppée d’un nuage vrombissant qui me harcèle sans relâche. Je n’ai d’autre choix que d’endurer leur assaut, espérant que le vent vienne à mon secours.




Le sommet Ćurevac offre un point de vue sur les gorges de la Tara. Tout en bas, je devine le cours de la rivière aux eaux cristallines, d’un bleu éclatant. Les flancs escarpés sont recouverts d’une forêt primaire de conifères, l’une des rares encore préservées en Europe. Les arbres peuvent atteindre les cinquante mètres et vivre jusqu’à 450 ans ! Malgré le vent qui balaie le point de vue, je pique-nique face à ce panorama fascinant, impressionnée par la puissance tranquille de la nature qui a creusé cette gorge pendant des millions d’années. En contre-bas, sur des versants adoucis, des fermes et habitations émergent çà et là de la mer verte des sapins. Je cherche en vain un sentier qui longerait la rivière par en bas ou par en haut. Je dois me contenter d’être spectatrice du haut de mon promontoire.



Le retour est aussi paisible que l’aller. Le spectacle se trouve au-dessus de ma tête. Les nuages grossissent, s’assombrissent et encombrent le beau ciel bleu qui tente de percer au gré des mouvements de la masse de nuage. Au camping, je m’offre le luxe d’une sieste. Le campement délaissé par les Tchèques est vide. Je m’endors vite sur ma lecture. Je n’émerge qu’en fin d’après-midi. Le Français promène son chien. Il rayonne encore de sa sortie en rafting : ils ne sont pas tombés à l’eau, ils n’ont pas été mouillés non plus. Cette idée, justement, m’avait refroidie. L’eau glaciale, conjuguée au ciel menaçant, me paraissait une invitation à l’hypothermie.


Le soir tombe sous une voûte grise, opaque, impénétrable. Plusieurs strates de nuages s’accumulent, présageant un orage ou une averse imminente. Vais-je trouver le repos sous ce ciel chargé d’incertitudes ?






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