Dernier jour au Monténégro (15.09.2024)
- Départ : Qjafa Gjonit (RKS)
- Arrivée : Rožaje / Bijelo Polje (MNE)
- Kilométrage : 16,8 km
- Dénivelé: D+ 237 m / D- 1065 m


La pluie est annoncée pour neuf heures du matin, je suis donc en route dès sept heures pour parcourir les seize kilomètres jusqu’à Rožaje. Emmitouflée dans ma polaire, bonnet vissé sur la tête, capuche et gants en place, je quitte le confort relatif de ma cabane en bois. Le temps m’est compté : je dois attraper le bus pour Berane à onze heures Nous sommes dimanche, et c’est le seul bus disponible pour poursuivre mon voyage. Je n’ai pas de temps à perdre.



J’ai décidé d’emprunter un itinéraire différent de l’aller et de rejoindre la route R-5 menant au Kosovo. La première partie sur la piste est fort aisé, puis cette piste cède la place à un chemin forestier boueux et inondé par endroits. Il commence même déjà à pluvioter alors qu’il est à peine huit heures.
Contre toute attente, la route R-5, que je rejoins à mi-parcours, est toute neuve, l’asphalte immaculé, la circulation quasi inexistante. Impossible de lever le pouce pour raccourcir la marche.
J’arrive à la gare routière à 11h05 ! Dépitée, je crois avoir raté mon bus. Pourtant un car est à quai, prêt à partir. Je me renseigne à tout hasard sur sa destination, c’est la mienne ! Le départ a lieu à 11h15, je m’étais trompée dans l’horaire. Ou alors j’ai parfaitement berné mon cerveau afin d’arriver en avance. Soulagée, j’achète mon billet, j’enfourre mon sac dans la soute et prend place dans le bus.
À Berane, je dois changer de bus pour rejoindre Bijelo Polje à la frontière serbe. Pour patienter jusqu’à 14h30, je me réfugie dans un café enfumé non loin de l’arrêt de bus. J’ai pris soin de repérer son emplacement lorsque je suis descendue du premier bus.
Après un chocolat chaud, un appel téléphonique, la réservation d’une chambre pour cette nuit, je reviens à l’arrêt avec un quart d’heure d’avance. Tout est désert. Je lis les affiches collées de manière sauvage. Tout à coup, un doute m’assaille. Mon bus était-il à 14h00 ou à 14h30 ? Sans accès à internet, je ne peux pas vérifier. Mais ce que je déchiffre sur les affiches ne me plait pas. J’ai raté mon bus. C’était le seul. J’ai une réservation pour un hôtel dans la ville suivante situé à environ trente-cinq kilomètres. Ce n’est pas si loin. Malheureusement, la malchance est au rendez-vous, en plus de la pluie : la route est presque entièrement en travaux.
Je me poste après le rond-point à la sortie de la ville. Pouce levé, je distribue des sourires à tous les conductrices et conducteurs qui passent. Enfin, une antique golf noire s’arrête pour m’embarquer. Le gars parle anglais et je peux donc lui expliquer ma situation. Il regrette de ne pouvoir m’emmener jusqu’au bout : vétérinaire, il est en route vers une ferme où il doit inséminer une vache. Il est prêt à m’emmener après sa visite si j’ai envie de l’accompagner. Je décline car je ne voudrais pas arriver trop tard. Il me dépose à l’embranchement sur le bord de la route en réfection. Je continue en marchant, levant le pouce dès qu’une voiture s’approche. Malgré une circulation régulière, l’attente est longue avant que la prochaine voiture ne s’arrête. J’ai parcouru déjà quelques kilomètres à pied. Le vieil homme ne parle pas bien anglais, nous ne conversons pas beaucoup. Il continue sur la capitale et me dépose à cinq kilomètres de ma destination finale. Une aide précieuse !
Je me poste à un arrêt de bus, arguant le pouce aux voitures qui défilent en continu devant moi. Deux autres femmes me rejoignent. L’une d’elles suggère de prendre un taxi collectif. Pourquoi pas. Déjà un taxi s’arrête, il n’est pas collectif. Il accepte tout de même de m’emmener… gratuitement. Je place mon sac à l’arrière et prend place à l’avant. Il veut savoir où je vais. Je lui indique simplement la gare routière, sans mentionner mon hôtel ni mes plans. Il me semble un peu trop collant. Il m’envoie d’ailleurs un baiser quand je sors de sa voiture.
Je réussis à atteindre Bijelo Polje avant la nuit et la pluie. Mon hôtel est bien situé, la chambre propre et spacieuse mais le chauffage éteint, j’ai un peu froid. Pour me réchauffer, je me prépare un thé et savoure une douche brûlante, une paire de chaussettes et une culotte en profitent également. Je sèche le tout au sèche-cheveux pendant un long moment.
La nuit est tombée lorsque je sors chercher à manger, je tourne un peu dans le centre-ville avant de me rabattre sur un fastfood à emporter. Je n’ai pas les moyens d’être exigeante !





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