De Serbie au Monténégro (07.09.2024)
- Départ : Rožaje (MNE)
- Arrivée : Dom Grope ( MNE)
- Kilométrage : 15,5 km
- Dénivelé: D+ 1021 m / D- 190 m


La veille, j’ai traversé la Serbie en bus, voyageant de la capitale jusqu’à Tutin, en passant par Novi Pazar. À mon arrivée en fin d’après-midi à la gare routière de la petite bourgade, une jeune femme, me voyant hésitante quant à la suite de mon périple, m’avait spontanément proposé son aide. Je lui expliquai que je cherchais un endroit où bivouaquer. Ses parents, venus la récupérer, m’ont emmenée en voiture dans un lieu qu’ils connaissaient bien. Des amis à eux y passaient justement la soirée autour d’un feu de camp, grillades au menu.
Je me réveille de très bon matin, désireuse de rejoindre au plus vite Tutin, distante de quatre kilomètres. Mon objectif est d’y trouver un bus me ramenant vers le Monténégro. Arrivée avant huit heures, la gare routière est déserte, je profite des sanitaires fraichement nettoyés. Je consulte les horaires, un bus passerait dans l’après-midi. Je n’ai pas la patience d’attendre si longtemps, je repars à pied, levant le pouce comme à mon habitude dès qu’une voiture approche. Elles se font rares. Au bout de quelques kilomètres, un vieil homme avec son petit-fils s’arrête pour me prendre en stop. Le garçon âgé d’une dizaine d’années me traduit dans un anglais incompréhensible les propos de son grand-père. À l’embranchement avec la route 22, je descends, la voiture se dirigeant dans la direction opposée à la mienne. Un autre voyageur attend là, patientant pour un bus prévu une demi-heure plus tard. L’attente se prolonge, je décide de m’avancer un peu. Le bus me rattrape à la station-service, je l’arrête par des grands signes. Il m’emmène jusqu’à Rozaje au Monténégro et départ de ma randonnée.
Les premiers kilomètres de marche s’étirent sur l’asphalte des rues de la ville. Cela devient intéressant quand je quitte la localité. Je me retrouve à marcher sur un chemin entre des prairies et pâturages où paissent ruminants placides, des forêts sombres de sapins, une lande à sa robe automnale.




Peu avant la frontière avec le Kosovo, j’atteins l’alpage de Grope, au pied du majestueux Hajla. Là, de modestes cabanes de bois grisé par le temps abritent bergers et moutons. Une joyeuse tablée installée autour d’une grande table de pique-nique me fait bon accueil. Un randonneur se chargea de traduire notre échange aux bergers, qui m’offrirent spontanément leur hospitalité. Ils me proposent de goûter leur fromage frais accompagné d’un morceau de pain. Affamée, je ne me fais pas prier et savourecette collation gourmande. Lorsque la bergère apprend que je suis française, elle insiste pour que je parle à quelqu’un au téléphone. Il s’agissait du gérant d’un refuge en contrebas, francophone. Déconcertée par cette conversation impromptue, je bafouille quelques mots et improvise tant bien que mal. Puis j’en profite pour lui demander s’il est possible de bivouaquer dans les environs. Sa réponse est affirmative.





Quand le randonneur anglophone reprend son chemin, je demande à la bergère « Voda molim », elle m’amène jusqu’à la source. L’eau est glacée, je bloque ma bouteille dans le bac avec des grosses pierres pour ne pas avoir besoin de la tenir immergée. La dame semble impressionnée par tant d’ingéniosité. Je prends congé et m’éloigne des cabanes et des bêtes, plante ma tente un peu en hauteur, près des bas sapins qui m’offriront l’intimité nécessaire à mes commissions.



Au crépuscule, un troupeau de moutons passe non loin de mon campement et rentre à la bergerie. Le soleil s’efface derrière les sommets du Hajla, laissant derrière lui des traînées orangées qui zébrent le ciel teinté de nuances pastel. Peu à peu, la nature s’endort sous l’infinie voûte étoilée.










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