Blue Trail en Croatie (17.05.2024)

- Départ : Smoljevica
- Arrivée : Podobuče
- Kilométrage : 29,8 km
- Dénivelé: D+ 607 m / D- 777 m
Le ciel s’obscurcit, alourdi par des nuages menaçants. J’avais pourtant cru que le vent les aurait chassés, mais il n’a fait que les remplacer par d’autres, plus sombres encore. Je progresse à travers des coteaux plantés de vignes, où çà et là, des touffes de marguerites blanches et jaunes ou d’éclatants coquelicots rouges éclatent parmi le vert uniforme du paysage.






À midi, j’arrive dans la petite localité assoupie de Žuljana. Je m’achète deux tomates et une boisson fraîche à la superette Studenac, unique commerce ouvert et seul signe tangible de vie dans ce village endormi. L’étroite bande de sable et galets qui sert de plage est totalement exposée au soleil, en plus d’être envahie par les détritus déposés par la mer. Je déniche une terrasse en bois ombragée, où transats et meubles empilés attendent le début de la saison touristique. J’y suis à l’abri du soleil et confortablement installée (si ce ne sont les moustiques qui ont flairé l’occasion unique de s’enivrer). Je trempe mes pieds dans l’eau face à la côte que je vais suivre juste après la pause méridienne.





La Via Dinarica suit ici l’EuroVelo 8, qui longe la mer en s’éloignant de la route départementale. Le sentier est asphalté jusqu’à un tunnel ramenant vers la D414, mais la circulation est quasi inexistante, rendant la marche paisible. La route serpente au cœur des vignobles, et si le dénivelé reste faible jusqu’à Trstenik, l’absence totale d’ombre rend la chaleur écrasante. Je suis en nage. En arrivant à Trstenik, je découvre un hameau étonnamment animé. Assise sur un banc de la jetée pour faire sécher mon t-shirt, je m’adonne à la lecture, bercée par la musique qui me parvient en simultané de deux bars différents. Un effet sonore en dolby stéréo, version croate !

Avant de repartir, je prends soin de remplir mes bouteilles dans l’un des bars. Impossible de savoir où je vais passer la nuit, et mieux vaut ne pas manquer d’eau. La route s’élève à présent vers les hauteurs d’une barrière montagneuse. Les vignerons ont sculpté les coteaux en terrasses, soutenues par des murets de pierres. Soudain, un lièvre détale à quelques mètres devant moi, bondissant sur ses longues pattes nerveuses. J’aimerais avoir les mêmes ! Du fait des coteaux pentus recouverts de vignobles ou de rocailles, il n’y a pas vraiment d’endroit pour bivouaquer à l’abri des regards ce qui fait que je continue de marcher assez tard avant de trouver un petit bout terrain sur une piste caillouteuse et poussiéreuse. J’écarte du pied les gros cailloux afin de dégager un espace plus confortable pour m’y allonger. Le sol est dur comme du béton, une grosse pierre me sert de marteau pour enfoncer un peu mes sardines. Au moins, le vent est tombé. Le soleil couchant plonge la côte abrupte et les îles dans une lumière chaude et dorée.
Puis la nuit enveloppe le paysage, les hurlements de chacals retentissent dans les montagnes, ils ne doivent pas être loin. Je les écoute, intriguée mais sereine. Le sommeil me gagne rapidement, profond et réparateur après cette longue journée sous la chaleur.






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