Blue Trail en Croatie (18.05.2024)

- Départ : Podobuče
- Arrivée : Korčula
- Kilométrage : 20 km
- Dénivelé: D+ 324 m / D- 485 m
- Moyens de transport: pieds + bateau (3,3 km)
Il ne m’aurait pas fallu tarder plus longtemps. À peine me suis-je mise en route que je croise les premiers vététistes ! La piste descend continuellement. Rien de bien notable ne se produit, si ce n’est une rencontre inattendue : une tortue terrestre, malencontreusement exposée en plein milieu du chemin. Dans ce genre de situation, je bascule immédiatement en mode « stalker » : j’observe, j’analyse, je photographie sous toutes les coutures. La pauvre créature, dépassée par mon insistance, ne sait plus où fuir pour échapper à ce harcèlement involontaire.




Quand je m’approche de Orebić, le port d’où je peux prendre le ferry, je suis contrainte de rejoindre la nationale. C’en est fini de la tranquillité de la piste. L’insouciance fait place à la prudence, je passe en mode « survie ». Au port, je m’enquiers sans tarder des horaires du bateau et achète mon billet pour passer sur l’île de Korčula. Traverser cette île me permet d’éviter la fameuse D8 du continent. Pendant que j’attends le départ, j’en profite pour réserver un lit dans une auberge de jeunesse : une douche et du linge propre deviennent une priorité.

Le ferry me dépose au port des voitures à trois kilomètres de la ville. Ignorant l’existence d’une navette pour les piétons, je me mets en marche le long du littoral. Il passe devant un beau camping ombragé avec sa plage privée. Lorsque j’arrive dans la vieille ville de Korčula, il commence à pluvioter. Je trouve rapidement mon logement mais je ne connais pas le code pour rentrer et je n’ai pas de moyen pour contacter la réception. Par chance, une voyageuse sort à ce moment-là, me permettant de me faufiler à l’intérieur.
L’auberge est installée dans une maison sur deux étages : au premier se trouvent la réception, la minuscule cuisine, les sanitaires et une pièce réservée au personnel. Au deuxième il y a deux grands dortoirs. Par chance je suis seule dans un dortoir, le luxe ultime ! Pour l’heure j’ai urgemment besoin d’une douche et de laver mes vêtements. Il n’y a pas de gel douche, juste du savon liquide au lavabo. Je demande à la réceptionniste si elle a du gel douche à me prêter. Tout ce qu’elle peut me donner c’est la bouteille de recharge du savon liquide. Ça fera l’affaire pour moi et mes fripes ! J’étends tout comme je peux dans la chambre, devant la fenêtre ouverte. Maintenant je peux m’occuper du ravitaillement. Grâce à la cuisine, je vais pouvoir me réchauffer un plat, manger et boire chaud, ce que je n’ai pas fait depuis plus d’une semaine. Lassée des résidus de suie qui encrassaient ma popote lorsque j’utilisais des allume-feux, je m’en étais débarrassée il y a quelque temps. Le trajet sous la pluie jusqu’à la supérette est bref. J’achète deux sachets de nouilles lyophilisées, ainsi que quelques provisions pour les jours à venir. La soirée se déroule paisiblement dans le dortoir désert, un havre de tranquillité rien que pour moi.




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