Blue Trail en Croatie (19.05.2024)

- Départ : Korčula
- Arrivée : Pupnat
- Kilométrage : 14,1 km
- Dénivelé: D+ 481 m / D- 192 m
Levée de bon matin, je souhaite visiter Stari Grad avant le check-out à dix heures. Le lieu n’est pas grand, le plan urbain simple. Korčula est bâtie sur un éperon rocheux, bordée par une route côtière qui en fait le tour. Une artère principale la traverse du nord au sud, menant au cœur de la cité où trône la cathédrale. De part et d’autre, un enchevêtrement de ruelles se déploie en arête de poisson, offrant un agencement aussi pittoresque qu’ingénieux. On pénètre dans la vieille ville par la tour massive et carrée Veliki Revellin à laquelle on accède par un escalier monumental datant du XIXème siècle. Les fortifications datent du XIIIème siècle et ont subi des modifications au cours des siècles suivants ; des tours imposantes, encore visibles aujourd’hui, protégeaient le palais et le port au sud-ouest. L’histoire de Korčula, à l’image de celle des Balkans, est marquée par une succession d’occupations et de conflits, chaque période laissant son empreinte sur l’architecture et le patrimoine de la ville. Elle revendique fièrement être le berceau de Marco Polo, dont on peut visiter la maison natale.










En arpentant les ruelles, ce sont les détails sculptés et les décorations qui m’interpellent. Ici et là, des sculptures d’hommes et de femmes se détachent sur les façades, leur nudité exposée avec une étonnante absence de pudeur.












À dix heures, je récupère mon sac à l’auberge et entame l’ascension vers les hauteurs. Je me retrouve sous les pins dont les aiguilles tapissent la route en une épaisse couche souple. Je me demande si elles pourraient faire un bon combustible. Un homme les ramasse justement, son labeur s’annonce titanesque.


En chemin, je passe devant une chapelle. Fermée au public, elle laisse entrevoir son intérieur à travers une fenêtre entrouverte, par laquelle les fidèles glissent leurs offrandes. Sur le rebord, un billet de cinq euros, immaculé, attire mon regard. Une idée me traverse l’esprit. J’extrais de mon sac un vieux billet déchiré et l’échange contre celui-ci. Après tout, ce n’est pas du vol… juste un échange équitable !
Je décide à un embranchement de changer un peu mon parcours et de faire un détour par la réserve naturelle de Kocje. Nichée au cœur de la forêt, cette enclave préservée dévoile un parcours sinueux entre rochers, cavités et failles minérales. L’endroit est idéal pour une pause. Je m’installe sur un promontoire baigné de soleil, étale mon t-shirt sur une pierre pour le faire sécher et savoure mon pique-nique en pleine nature.




Le reste de la balade est sans difficulté. Je me ravitaille en eau dans le village de Pupnat, dans un café restaurant bien fréquenté en ce dimanche. Je peux maintenant chercher un coin isolé pour établir mon bivouac. Mon choix se porte sur une oliveraie au sud du village. J’emprunte un sentier parallèle à la piste cyclable. Je choisis un endroit sous les arbres, là où l’herbe fraîchement coupée forme un tapis moelleux et sec, parfait pour passer la nuit. Avec un peu de chance, les paysans respecteront la pause dominicale et ne viendront pas troubler ma solitude







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