Blue Trail en Croatie (13.05.2024)

- Départ : Smokvina
- Arrivée : Prapratno
- Kilométrage : 18,3 km
- Dénivelé: D+ 228 m / D- 252 m





Espérant une circulation plus fluide au petit matin, je prends le départ vers 7h30. Mon itinéraire m’entraîne sur six à sept kilomètres le long de la D8, toujours face aux véhicules. J’ai appris à anticiper leurs réactions, car ma visibilité est souvent réduite par les rochers ou la végétation qui bordent la route. Dès que j’entends le vrombissement d’une voiture ou d’un camion approcher, je préfère m’arrêter. Malgré cela, les conducteurs sont fréquemment surpris et ne dévient leur trajectoire qu’au dernier moment. Le chemin n’est guère confortable : tantôt je progresse dans la rigole bétonnée, tantôt sur le bas-côté caillouteux et inégal. Parfois, je suis contrainte de fouler des herbes sèches et piquantes, tentant d’éviter qu’elles n’égratignent mes jambes. L’expérience est loin d’être agréable. Le soulagement est grand quand j’atteins la bifurcation et la route secondaire.Celle-ci me conduit jusqu’au littoral et à Ston, ville fortifiée dont les imposantes murailles s’élancent à flanc de colline presque à la verticale en direction de Mali Ston. Je me ravitaille en eau dans un café fréquenté. Je traverse le local en apnée jusqu’au bar tant l’atmosphère y est saturée de fumée. Ici, comme dans le reste des Balkans, l’interdiction de fumer dans les lieux publics n’a pas cours. C’est dur pour moi. Je découvre le centre de cette bourgade fort fréquentée par les touristes, les cyclistes et les motards. Dans une boulangerie, je craque pour un chausson aux pommes que j’engloutis sur le pas d’une porte à l’ombre. Avant de partir, je vais visiter un peu les ruelles et les églises ouvertes.












Mon chemin me mène ensuite vers l’embarcadère du ferry, mais réalisant que j’arriverai trop tard, je décide de passer la nuit au camping de Prapatno. Ce sera une bonne occasion pour faire la lessive et me laver. Pour y parvenir, je quitte la route et m’aventure à travers les oliveraies, longeant un fossé envahi de joncs d’où s’élèvent des cris d’oiseaux inhabituels. Je ne peux les voir mais j’arrive à les enregistrer. Cet endroit regorge de vie. Tout comme le fossé de l’autre côté du chemin. Ce dernier, empli d’eau et de végétation aquatique, est un véritable sanctuaire pour amphibiens et reptiles. Lorsque je m’immobilise et observe attentivement, le décor s’anime d’une faune discrète : grenouilles craintives, tortues et petits serpents apparaissent tour à tour. Un homme sort de chez lui et, en regagnant sa voiture, m’interpelle. Curieux, il me demande d’où je viens, puis me propose une bière et son aide si nécessaire. Je le remercie chaleureusement, mais décline son offre : tout va bien, je me contente d’observer la vie.





Le soleil cogne, je poursuis ma route. Le camping n’est plus très loin. Une fois sur place, je m’enregistre et fais le tour des lieux à la recherche de l’emplacement idéal. Après avoir posé mon sac au pied d’un arbre, je poursuis mon inspection, mais aperçois soudain un couple s’approcher avec leur chien. Distrait, l’animal ne remarque pas mon sac et s’empresse de marquer son territoire. Exaspérée, je laisse échapper une exclamation en allemand. Interloqués, ses propriétaires ne comprennent pas immédiatement ma réaction. Je leur explique, passablement agacée. Confus, ils s’excusent et regagnent leur emplacement. De mon côté, je déplace mon bivouac légèrement plus loin. Je profite ensuite des installations pour prendre une douche, puis m’attèle à la lessive. Un campeur me propose le reste de sa lessive liquide, un geste que j’apprécie d’autant plus que je n’en avais pas. Mon linge étendu sur les cordes près des sanitaires, je suis fin prête pour une pause rafraîchissante. Malheureusement, le supermarché a fermé à quatorze heures. À défaut, je me rends au kiosque de la plage pour un Coca bien frais. La mer, d’un bleu turquoise éclatant, m’invite à la baignade, mais après ma douche, l’envie est moins pressante. Une prochaine fois peut-être. Je m’installe finalement sur la terrasse du restaurant du camping, désert et fermé à cette heure. Le calme ambiant est une aubaine : j’en profite pour passer quelques appels, consulter la météo et organiser la suite de mon périple.








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