Blue Trail en Croatie (12.05.2024)

- Départ : Trsteno
- Arrivée : Smokvina
- Kilométrage : 29,3 km
- Dénivelé: D+ 677 m / D- 674 m

Après une nuit fort reposante et un réveil aux premières lueurs du jour, je reprends ma route dès sept heures du matin. Je remplis mes bouteilles à la fontaine publique sous les grands arbres centenaires. Les huit premiers kilomètres se font sur une route secondaire dans les hauteurs. Là, loin du tumulte des véhicules, je marche en toute quiétude. Dès que l’occasion se présente, j’abandonne l’asphalte, trop dur pour les articulations et impitoyable sous le soleil, pour une piste plus douce. Celle-ci me ramène bientôt à la nationale, dont la traversée se révèle périlleuse. Enfin, je longe la côte, à quelques mètres seulement de la mer.
Après quatre heures de marche et 19 kilomètres parcourus, j’atteins Slano juste à temps pour espérer un ravitaillement à la boulangerie et à la supérette. Mais, contre toute attente, les horaires indiqués sur internet étaient erronés : les commerces ont déjà fermé leurs portes. Résolue à ne pas repartir bredouille, je poursuis mon exploration de la localité et tombe avec soulagement sur un Studenac encore ouvert. J’y achète quelques provisions : deux tomates, deux poivrons, un concombre, un smoothie et un jus de fruits pour refaire le plein de vitamines. Sans tarder, je me désaltère afin d’éviter de porter un poids inutile. Avant de reprendre ma route, je me rends dans un restaurant pour demander de l’eau, la fontaine publique sur laquelle je comptais étant malheureusement à sec.
Je quitte l’agitation de Slano et marche encore un peu à la recherche d’un coin ombragé et tranquille en bord de mer. Un kilomètre et demi plus loin, je découvre un parc public sous les arbres. Le vent souffle, et je me vois contrainte d’enfiler ma polaire car j’ai froid. La plage de galets, dépourvue d’ombre, est quant à elle bien trop exposée au soleil. L’endroit est encore désert, et le restaurant voisin n’a pas encore ouvert ses portes. Profitant de l’occasion, et avec le toupet qui me caractérise, je branche discrètement ma batterie externe à une prise dans la cour du restaurant. Elle aura le temps de se recharger pendant que je pique-nique et me repose, sans que personne n’y trouve rien à redire. Je me régale de tomates avec salade de thon et pain. La digestion se fait sur la plage, je fais une petite sieste à moitié au soleil. Puis je me replonge dans ma lecture, parfois au soleil, parfois à l’ombre.



Vers 15h45, la chaleur devient plus supportable, ma powerbank est pleinement chargée, et il est temps de reprendre la route. Mon itinéraire suit d’abord un sentier balisé RIB, réservé aux randonneurs et éloigné de la circulation. Après Banići, je rejoins la D8, avec son flot ininterrompu d’automobilistes. À peine deux kilomètres plus loin, je m’engage dans un sentier indiqué sur mon application. Je ne trouve pas le départ et le rejoins à travers la végétation. Ce sentier n’a pas vu de randonneurs depuis des décennies : outre les toiles d’araignées, la végétation et les ronces l’ont envahi. Ma progression est lente et pénible : les pierres disjointes menacent mes chevilles à chaque pas, et l’idée de surprendre un serpent tapis sous les herbes ne me rassure guère. Totalement dépitée, je rebrousse chemin et rejoins la nationale jusqu’à Smokvina, un hameau à l’écart de la route principale. En consultant la carte satellite, je repère un sentier prometteur et un potentiel site de bivouac. Je poursuis ma route jusqu’à une petite chapelle à la fin du village, puis m’engage sur la piste repérée. Mais rapidement, celle-ci s’amenuise, jusqu’à disparaître presque totalement sous la végétation. Lorsque j’atteins enfin mon supposé site de bivouac, je découvre une parcelle de pâture entièrement murée. Déterminée à poursuivre, je tente de m’enfoncer davantage dans la piste, mais me heurte bientôt à un véritable mur d’arbres infranchissable. Depuis combien de temps ces images satellite datent-elles ?
Il est déjà 18h30, et la fatigue me gagne. À court d’options, je rebrousse chemin vers la chapelle et décide d’y installer mon campement. L’endroit, bien qu’à quelques centaines de mètres des habitations, semble suffisamment isolé pour que personne ne vienne s’y aventurer ce soir. Je mange mon sandwich à l’abri de ma tente et, après près de 30 kilomètres de marche, m’endors rapidement, bercée par le bruit lointain des voitures et des camions.








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