Blue Trail au Monténégro (08.05.2024)

- Départ : Crkvice
- Arrivée : Herceg Novi
- Kilométrage : 20,8 km
- Dénivelé: D+ 1245 m / D- 672 m
- Moyens de transport: pieds + bus (14km)
Je me lève avant tout le monde. Les autres campeurs dorment encore paisiblement. Steve se lève alors que je petit-déjeune devant leur maison, à la table de pique-nique, affairée à faire chauffer de l’eau avec mes allume-feux sur le barbecue en pierre. Je fais sécher ma tente en l’accrochant tant bien que mal à la clôture ou le dossier d’un ban. Le soleil encore absent derrière les sommets, cela ne sert pas à grand-chose. L’air est frais. Je fais connaissance avec le chat de la maison. Le chien curieux vient aussi jeter un coup d’œil avant de repartir embêter les poules de plus belle.





Le ciel est nuageux. Je ne vais pas trainer. Je nettoie encore ma popote et range correctement mes affaires. Mes réserves de nourriture s’amenuisent, pourtant je me sens trop chargée. Il va falloir que je fasse du tri et que je renvoie quelques articles dès que je serai en Croatie.
Ma première étape est le refuge Orjen situé sur un col. Le ciel se couvre à mesure que je gagne en altitude. Il devient même menaçant, le vent s’en mêle aussi, il ne peut décidément pas faire beau plus de trois jours de suite. C’est désespérant. Je fais sécher ma tente dans le vent pendant que je pique-nique. Je redécouvre le concombre que Marina m’avait donné il y a deux jours. De le manger me rafraichit et allège mon sac !
Ma route doit me faire passer par le sommet Subra qui est encore à 7 kilomètres (mais 5h de marche !!). Qu’en est-il du prochain bivouac ? Pourrais-je trouver un abri s’il se met à pleuvoir ou faire de l’orage ? Je décide de réécrire ma route et de descendre plutôt vers Vranj. C’est seulement deux heures, tout en descente, et je suis assurée, s’il pleut, de trouver un refuge.
La route que j’emprunte est, comme la veille, la vieille route séculaire austro-hongroise construite en pierres sèches, sans mortier. Une pierre dans le mur de soubassement attire l’œil lorsqu’on la remonte. Comme je la descends, je ne peux la voir à moins d’en être avertie par les panneaux touristiques. Je suis donc particulièrement attentive et me retourne sans cesse pour enfin l’apercevoir. Les pierres qui l’encadrent ont été peintes en blanc pour qu’elle soit plus visible. Elle est en forme de cœur.


À Vranj, je m’arrête devant un restaurant. Un mini-bus s’y gare également. Pourrait-il me ramener vers la Herceg Novi? Je suis le chauffeur dans le local, je le trouve en grande conversation avec le gérant au bar. Il vide un verre de schnaps (hmmm…). Il me dit qu’il part dans vingt minutes. Le gérant me parle en allemand, je lui commande un soda pour me rafraichir. La décoration du lieu est étonnante : les clients sont accueillis par deux ours à la gueule béante et d’autres animaux sauvages empaillés. C’est un décor résolument rustique !
Le bus me dépose à Kameno où je retouve la P.P.T. Finalement il n’a pas plu, la météo dans les hauteurs n’est toutefois pas la même qu’en bas. J’ai sûrement raté une vue imprenable sur Herceg Novi et le golfe du même nom, le premier des quatre qui forment les bouches de Kotor.
Je trouve le chemin derrière la glissière de sécurité et me fraye un passage à travers la végétation. La descente est agréable. Il ne me reste que six kilomètres environs. Je constate que je m’approche de plus en plus de la ville à la présence accrue de crottes de chien sur le sentier. Lorsque je perds l’équilibre et me retrouve les quatre fers en l’air, je suis bien heureuse d’avoir échappée à un atterrissage dans l’une d’elle ! J’arrive par la citadelle Gornji Grad que j’explore tranquillement. Dans l’une des tours, sous une impressionnante voûte en pierres, une chanteuse gratifie les chanceux de ses envolées lyriques.




J’arrive à Herceg Novi, où des escaliers mènent vers la ville basse, encadrée par les murailles des anciennes fortifications. Je m’arrête sur une petite place, espérant capter un peu de Wi-Fi. Je m’installe finalement à la terrasse d’un glacier italien, je commande un cornet de glace au chocolat et cherche sur internet un logement économique pour la nuit. Je réserve un studio équipé près de la plage, à la sortie de la ville.
JJe marche sur la promenade envahie par le parfum envoûtant du jasmin en fleur : je suis au paradis ! Je n’en ai jamais vu autant qu’à cet endroit. Ce parfum me ramène à Tehachapi, en Californie, lors de ma randonnée sur le PCT, où les lilas en abondance embaumaient l’air. Bien que je ne visite pas en profondeur Herceg Novi, le jasmin y restera à jamais lié à mes souvenirs de ce lieu.
Le reste de la journée n’est pas consacré au repos, mais à l’entretien de mes affaires : toilette, lessive à la main, courses, entretien du matériel et planification de la suite de la randonnée. Comme à mon habitude, lorsque l’occasion se présente, je m’approvisionne en fruits et légumes, me libérant ainsi du fardeau des denrées lourdes à porter.






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