Blue Trail au Monténégro (03.05.2024)

- Départ: Podgorica
- Arrivée: Cetinje
- Kilométrage: 40km
- Moyen de transport: bus



L’objectif de la matinée est sans ambiguïté : dénicher de quoi me sustenter pendant ma randonnée. D’après mon application, une grande station-service se trouve non loin de mon logement. Bien qu’en général, les stations service ne proposent pas du tout l’assortiment que l’on trouve chez nous, je caresse l’espoir d’y glâner quand-même quelque chose à me mettre sous la dent pendant les prochaines jours. Je croise un passant portant un sac de courses : c’est un bon présage. Cependant, à mesure que je me rapproche, je découvre que la station-service est en réalité un vaste chantier. La déception est de taille. Je continue en direction du centre commercial un peu plus loin. Celui-ci est ouvert ! J’en oublie que je devrai porter ma nourriture sur le dos et achète plus que de raison.
Maintenant je dois trouver internet car la connexion du logement est défaillante. Je me déplace smartphone à la main à la recherche d’un réseau gratuit. Je m’installe dans un petit café qui fait également office de galerie d’art (ou inversement), le chocolat chaud que je commande pour me réchauffer ressemble plus à un pudding qu’à une boisson. Autre pays, autres moeurs ! Je m’en contente et me connecte pour trouver un logement dans la prochaine destination : Cetinje.
Sur les coups de dix heures, je retourne à mon hébergement pour ranger mon sac. Aucun membre du personnel n’est présent, aussi je laisse la clé dans la serrure et m’éclipse discrètement, presque comme une voleuse. À la gare routière, j’achète mon billet pour le bus qui part quelques minutes plus tard, en direction de ce qui fut jadis la capitale du Monténégro, jusqu’en 1918. Cetinje, une petite bourgade de quelques quinze mille habitants, n’est pas plus épargnée par la météo capricieuse. Au sortir de la gare, je me dirige tout de suite vers un « hostel ». J’ai un mal fou à le trouver: aucun panneau, aucune enseigne sur la fassade, on y accède depuis le boulevard par une ruelle qui n’est pas indiquée sur le site internet. Je commence à m’habituer à ce genre de jeu de piste J’ouvre le portail, trouve la porte d’entrée dans la cour intérieure, frappe, ouvre la porte et entre dans le hall d’entrée de la maison. Il n’y a personne. Je ne sais pas très bien quoi faire. Je n’ai pas de connexion, je ne peux pas téléphoner. Je repars donc en ville, peut-être trouverai-je là-bas un réseau.
J’emprunte une jolie rue pavée et arborée, bordée de villas témoignant du passé florissant et le statut de capitale de Cetinje. Des ambassades, des bâtiments officiels, des banques, construits au XIXème siècle, ont aujourd’hui été transformés en musées ou en bibliothèques. Les rues sont plutôt peu animées, sauf aux terrasses des cafés et restaurants du centre ville. Une partie du monastère datant du XVIIème siècle est ouverte aux fidèles en ce vendredi saint. Des paniers contenant des œufs colorés ont été déposés, et plusieurs reliques sont exposées, dont la main droite de Saint Jean-Baptiste.




Après avoir arpenté le centre-ville, je décide de m’installer dans un restaurant à l’intérieur plutôt qu’en terrasse, afin de m’abriter du froid. La crêpe au chocolat me tente irrésistiblement. Le serveur m’apporte une assiette composée de trois crêpes copieuses, garnies de rondelles de banane, de Nutella (ce qui, pour être honnête, ne ressemble en rien à du chocolat), de glace au chocolat et de crème chantilly. Voilà qui constituera aussi mon repas du soir !
Grâce à la connection internet du restaurant, je réserve dans le « hostel » où j’ai fait chou blanc précédemment. Il n’est pas loin et au calme (si on fait abstraction des aboiements des chiens des voisins à chaque passage d’un étranger). J’indique mon heure d’arrivée et suis ponctuelle sur les lieux. Comme tout à l’heure, l’endroit est désert, à l’exception d’un client dans sa chambre qui parle à haute voix au téléphone. Je me permets de le déranger pour lui demander de contacter pour moi le gérant. Ce dernier arrive quelques minutes plus tard et m’installe dans une chambre double dont je dispose pour moi toute seule !
Comme à Podgorica, il s’agit d’une grande maison avec des chambres à louer, mais cette fois, il y a une grande pièce à vivre comprenant une cuisine, un espace repas et un salon. La cuisine, bien que fonctionnelle, n’est pas d’une propreté irréprochable, mais je m’en contente pour préparer de l’eau chaude pour mon thé. Le gérant m’apporte une cannette de bière pour me souhaiter la bienvenue. Je la planque discrètement dans le frigo pour les autres voyageurs. Il m’en redonnera une le lendemain matin alors que je petit-déjeune. Elle prendra le même chemin! Je n’ai pas eu à coeur de lui dire que je ne bois pas d’alcool. Converser par l’intermédiaire de Google Translator n’est pas encore entré dans mes habitudes.



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