Monténégro (02.05.2024)

- Départ : Budva
- Arrivée : Podgorica
- Kilométrage : pas beaucoup
- Moyen de transport: bus



L’averse de la veille, annonciatrice de plusieurs jours de pluie, me pousse à modifier mes plans. Plutôt que de reprendre immédiatement ma marche, je décide de visiter la vieille ville de Budva dès le matin, afin d’éviter les foules des visites organisées et de prendre le bus pour la capitale avant midi. Il est crucial que je me ravitaille avant de remarcher. Nous sommes le 2 mai, je compte faire des courses dans la capitale. Avec un peu de chance je trouverai peut-être également la cartouche de gaz compatible avec mon réchaud.
Cette vieille ville (« stari grad » en monténégrin) a été reconstruite à l’identique après le tremblement de terre de 1979. Tout y est d’une propreté impeccable : les pierres polies et luisantes, les ruelles soigneusement entretenues, les petites boutiques pittoresques. Je déambule au gré de mes envies, m’orientant instinctivement vers les endroits les plus tranquilles. La mer se dresse devant moi. Un petit chat, perché sur un muret qui surplombe la mer, se frotte à moi, réclamant des caresses que je lui accorde sans résistance. Je m’aventure dans l’église orthodoxe où se déroule la messe : les femmes se tiennent à gauche, les hommes à droite. Beaucoup de curieux encombrent l’entrée, je me faufile vers l’avant et, après une courte réflexion, me place à gauche aussi. Les prières sont chantées par les prêtres, tandis que l’atmosphère chargée d’effluves d’encens menace de provoquer chez moi des quintes de toux. Au bout d’un quart d’heure je cherche l’air frais et me retire.











Après une petite heure de flânerie, je regagne l’auberge où m’attend mon gros sac. La gare routière n’est qu’à quelques minutes de là. J’y achète un billet pour le prochain bus en direction de Podgorica, l’attente ne devant durer que quarante minutes. La veille, j’avais réservé une chambre dans un hostel. Trouver un logement adéquat n’avait pas été une mince affaire, j’en ai trouvé un dont les critiques ne sont pas assassines. Une voyageuse rencontrée au Kosovo m’avait effectivement relaté ce genre de déconvenues, je m’en suis souvenu en vérifiant les commentaires. Le trajet jusqu’à Podgorica se fait sous une pluie persistante, qui était attendue dès le matin. Cependant, à mon arrivée, le temps est sec. Le logement est proche de la gare des bus, mais comme souvent, il n’y a ni nom, ni enseigne pour indiquer l’auberge. Comme je regarde dans tous les sens dans une petite ruelle calme, une dame assise sur son perron m’accoste. Elle m’attendait. Mon application m’indiquait que le logement se situe de l’autre côté de la rue. Je me retrouve dans une maison: un couloir menant à un escalier, des chambres et une salle de bain à chaque étage. Je suis au deuxième. Ma chambre est équipée d’un grand lit double, d’une grande armoire et de la clim. Je ne me souviens pas si j’ai la télé, je ne l’ai pas regardée. Il n’y a pas de cuisine ou de salle commune, cet hostel n’en est pas un. C’est une maison avec des chambres louées. Je suis un peu déçue mais je n’ai pas dû lire correctement la description des lieux sur le site internet, obnubilée que j’étais à trouver un endroit calme et propre. La mini salle de bain n’est pas nettoyée, c’est la première déception.
Avant de partir explorer la ville, je me consacre à nettoyer mes vêtements à la main, utilisant le gel douche mis à ma disposition. Je les suspends à l’aide des trois cintres trouvés dans l’armoire, les étendant aux fenêtres et à la climatisation pour qu’ils sèchent.





Podgorica, située à quelques kilomètres au nord du lac de Shkodër, est une capitale qui conserve un caractère provincial. Elle compte environ 140 000 habitants et possède un vieux quartier (« Stara Varos »), où des bâtiments résidentiels bas entourés de jardins ou de cours ombragées côtoient des fresques représentant des héros du football ou des artistes (si j’ai bien compris).





Je pousse la promenade jusqu’au pont du Millenium érigé en 2006. Je longe la rivière Morača qui coule vers le lac Shkodër. C’est assez plaisant car en ce 2 mai, il y a peu de monde dans la ville, la circulation automobile est très limitée.
En revenant vers le centre ville et la tour de l’horloge, je m’aperçois que les supermarchés sont fermés. Je n’en comprends pas bien la raison. Je croise les doigts pour qu’ils soient ouverts le lendemain. Je pars alors à la recherche d’un truc à manger. Je me poste devant un fast-food et essaie de comprendre la carte. Je n’y arrive pas malgré les explications en monténégrin de l’employée. J’abandonne et continue ma recherche. Je m’arrête à un autre qui offre un coin pour s’asseoir et une carte pour les débiles à savoir avec des photos des plats. Je commande des cevapci avec des frites. La viande est servie dans un morceau de pain. J’arrose le tout d’un coca frais. Quel festin!
En rentrant à l’auberge, je suis immédiatement accueillie par une musique assourdissante qui résonne à travers toute la maison. Des hommes assis sur le perron boivent des bières et écoutent la musique à plein volume depuis leur chambre, située au premier étage. Je traverse un nuage de fumée pour accéder à ma chambre (les habitants des Balkans semblent fumer partout et en abondance). Je pressens que la soirée s’annonce longue. Après un certain temps, quand ma patience atteint ses limites, je descends et ferme la porte de leur chambre pour gagner un peu de calme. Mais cette tranquillité ne dure pas.
Je découvre que le 2 mai est également un jour férié au Monténégro, ce qui explique la fermeture des supermarchés et le calme de la capitale. Ce n’est pas tout : le 3 mai est le Vendredi saint pour les orthodoxes, donc également férié. Le samedi 4 mai, je compte reprendre la route, ce qui m’empêche de faire mes courses ce jour-là. Le dimanche 5 mai et le lundi 6 mai sont aussi des jours fériés, en raison de la fête de Pâques. Comment vais-je faire ? Il m’est impossible de repartir en randonnée sans provision, et je n’ai pas du tout envie de rester dans une ville jusqu’au mardi suivant.





Réagissez, laissez-moi un commentaire!