Blue Trail au Monténégro (01.05.2024)

- Départ : Sozina
- Arrivée : Brajiçi
- Kilométrage : 25,8 km
- Dénivelé: D+ 880m / D- 735m


Le quatrième jour débute de la même manière que s’est terminé le précédent : en corps à corps avec la nature trop envahissante ! Le départ est rapide, je n’avais rien pour déjeuner, ni solide ni liquide. Le rituel du matin écourté se résume au changement de vêtements par contorsions du fait de peu de place à disposition dans ma petite tente, au rangement des affaires (matelas gonflable, sac de couchage, pyjama, batterie externe…), puis au démontage et pliage de la tente. Je garde les quelques gorgées d’eau pour les six kilomètres qui me séparent de la prochaine source. Je prends le départ avant sept heures, cela m’arrive rarement !


J’aperçois le lac de Shkodra/Shkodër que se partagent le Monténégro et l’Albanie. C’est le deuxième lac d’Albanie où je me suis rendue. Apparemment le plus grand lac d’Europe du Sud. De part et d’autres de la frontière, ses rives sont protégées et abritent les derniers pélicans du continent. Je n’ai malheureusement pas poussé l’exploration pour les admirer. J’aurais pu longer le lac pour rejoindre la PPT mais j’avais peur de rentrer au Monténégro ailleurs qu’à un poste frontière.


Je traverse les orties qui piquent malgré l’étoffe, je me bagarre encore un peu avec la végétation exhubérante puis le sentier se fait plus commode, je suis en sous-bois, remonte jusqu’à l’intersection vers le sommet « Tri Roge ». un panneau signalétique m’indique que le reste de ma route est « bleue » c’est-à-dire facile (rouge, précédemment, ce que je peux confirmer). De l’eau ruisselle un peu, c’est bon signe pour moi. Finalement, un kilomètre plus tôt que prévu je tombe sur un joli ru tombant dans un bassin : l’eau est fraîche et limpide, je bois comme un chameau et remplis mes gourdes.
Une belle piste s’offre à moi, je croise quelques personnes véhiculées, des autochtones et des touristes itinérants: à un point de vue je tombe sur un van immatriculé dans le Cher (Cocorico! Mais les Français, que je surprends pendant leur brossage de dents, sont de la Rochelle). La PPT me mène à travers des pâturages fleuris le long de la falaise avec son panorama sur les stations balnéaires urbanisées à outrance. J’aperçois Budva, ses hôtels et immeubles immenses. Je ne suis plus sûre d’avoir envie de découvrir…






J’aime observer les bebêtes et les fleurs sur mon passage. Les petites choses ont tout autant leur importance que les paysages. Après avoir traversé une route, la PPT rejoint à nouveau une piste. Tout roule, je longe la côte et admire la vue. Je m’arrête pour faire une pause méridienne près d’une chapelle et quelques maisons (Ogradenica). J’engloutis les dernières cacahuètes en espérant que ça me donne assez d’énergie pour arriver à Brajici, le hameau situé sur l’axe routier principal entre Budva et Podgorica (la capitale). Il me faut me ravitailler, c’est urgent. Quelques gouttes interrompent ma sieste, je reprends la piste pour les huit kilomètres restants, zieutant le ciel à intervalles réguliers. Par chance, la mété se maintient.



Avant 17 heures, j’atteins l’axe routier, c’est un intense chassé croisé que je traverse pour rejoindre le long du bas côté opposé le bar-café ouvert en ce 1er mai. Je me désaltère d’un coca-cola et utilise leur wifi afin de trouver un logement pour la nuit.Je juge plus sage et rapide de redescendre vers Budva (quinze minutes en voiture) plutôt que d’aller vers la capitale que je voudrais aussi découvrir (une heure de route). Je réserve un lit dans un hostel bon marché, vide mon verre et me mets en position pouce levé. Malheureusement l’arrêt de bus où j’attends mon futur chauffeur se trouve directement après un virage. Les voitures arrivent en trombe, aucune ne semble vouloir freiner. Les cars assurant la liaison avec Podgorica non plus. Je patiente une bonne demi-heure, l’impatience commençant à me gagner, lorsque enfin, un homme s’arrête et accepte de me prendre. C’est Nikolas. Sa voiture empeste le déodorant en spray, ça couvre mon odeur, je l’espère. Il parle un peu anglais, ce qui permet d’échanger un peu. Je suis soulagée d’avoir trouvé un conducteur lorsque le trafic commence à se bloquer dans un virage. On attend. Des ambulances passent en trombe, il y a dû y avoir un accident. Nous attendons, immobiles, tandis que des ambulances passent en trombe, signalant un accident sur la route. Nous avançons à une allure de tortue, mètre par mètre. Nikolas hésite à faire demi-tour, un local lui ayant dit que la situation allait durer encore deux ou trois heures (il vient de Cetinje juste à côté). Cette perspective ne m’enchante guère. Je consulte ma carte. Depuis le virage où nous sommes, il semble possible de descendre en ville par un sentier. Banco ! Je remercie chaleureusement mon chauffeur et m’aventure seule sur le sentier qui descend abruptement (évidemment, j’avais rangé mes bâtons). Je traverse un lit de cours d’eau asséché avant de rejoindre une piste, puis la route bitumée. Ouf, j’ai réussi ! Je ne sais pas si la circulation est redevenue fluide sur la route. J’ai bien marché quarante cinq minutes.
J’arrive à l’hostel et me prépare pour la douche. J’emprunte du gel douche à un gars, je me glisse dans la mini salle de bain bain (un espace exigu où toilette, lavabo et douche s’entassent sur à peine un mètre carré : je peux donc faire ma crotte tout en me lavant les dents et shampooinant mes cheveux !). La douche est chaude, qu’est-ce que ça fait du bien ! Après ça, le diner m’attend. Je tourne un peu dans la ville pour trouver quelque chose. C’est le 1er mai au Monténégro, et c’est aussi le carnaval. Je croise des personnes déguisées qui se dirigent vers la vieille ville pour célébrer. Pour ma part, la seule chose qui m’intéresse pour le moment, c’est de me remplir la panse !




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